La remobilisation des équipes après la crise passe par plusieurs phases : un inventaire dans lequel chacun peut partager ses expériences, échanger le plus largement possible sur les transformations que la crise peut entraîner au niveau de l’entreprise, et une projection de courte, des objectifs à moyen et même à long terme, si c’est possible.
Stimuler, rassurer, et fédérer : voilà la triple mission qui attend le dirigeant à la sortie du confinement. Pas de recette universelle, car chaque salarié a traversé la crise avec ses propres repères, ses inquiétudes, ses attentes. Une chose frappe, pourtant : plus la tension monte, plus la motivation s’effrite. Avant de foncer sur les protocoles et les procédures, il y a un moment à saisir : celui qui permet d’accueillir, d’écouter, d’amorcer collectivement la sortie de crise. Voici des pistes concrètes pour remettre les équipes en mouvement.
PRENEZ LE POULS DES EMPLOYÉS
Donner la parole à chacun, c’est la première étape pour retrouver un climat de confiance. Prendre le temps de sonder l’ambiance, c’est aussi mesurer la fatigue accumulée, le niveau de stress, l’état d’esprit général. Plusieurs outils s’offrent à vous : un échange direct avec toute l’équipe, ou encore le recours à une enquête interne, anonyme et en ligne, pour recueillir sans filtre les ressentis. Ce questionnaire peut aussi ouvrir la discussion sur la perception du futur de l’entreprise, et permettre au manager de prendre du recul sur ce que la période écoulée a laissé comme traces.
PERSONNALISEZ LE PLAN D’ACTION
En s’appuyant sur les retours du terrain et les échanges avec les équipes, l’entreprise ajuste son plan d’action. Rien d’homogène : certains collaborateurs ont été arrêtés plusieurs semaines, d’autres sont restés mobilisés. Dans un même service, on a parfois jonglé entre télétravail, activité partielle ou présence sur site. Certains ont été directement touchés par la Covid-19. Bref, le point de départ n’est jamais le même. Il revient alors au collectif de retrouver un équilibre, au rythme de chacun. L’objectif : permettre une reprise adaptée, pensée au plus près des réalités individuelles, pour que chacun puisse retrouver ses marques sans être brusqué.
ÉCOUTE ET EMPATHIE
Face à la reprise, les réactions varient : certains sont impatients, d’autres redoutent le retour. Selon une enquête du GESEC, près d’un salarié sur deux exprime des inquiétudes pour sa santé ou celle de ses proches (voir les résultats à la fin de l’article). Accueillir ces émotions, c’est déjà rassurer. Le manager peut le faire de façon très simple : en verbalisant qu’il comprend la diversité des expériences, en reconnaissant que cette crise a pu laisser des marques. Relancer l’activité, c’est aussi donner du sens, et éviter de pousser à la performance immédiate à tout prix. Fixer des objectifs ambitieux, oui, mais avec une dose de réalisme : c’est l’engagement collectif qui fera la différence.
RENFORCEZ VOTRE BONNE VOLONTÉ ET VOTRE OPTIMISME
Une posture bienveillante réduit la pression au sein des équipes et participe à recréer une dynamique positive. Prendre le temps d’expliquer les nouveaux protocoles, les gestes barrières, les futures formations, c’est déjà rassurer. Être accessible, disponible, maintenir un lien régulier : les salariés attendent de leur responsable qu’il soit là, qu’il écoute, qu’il partage. Dans une période marquée par l’incertitude et les inquiétudes persistantes autour du virus, afficher son optimisme pèse plus lourd que de sombrer dans la morosité ambiante.
L’enquête GESEC
Au mois de mai, un sondage a été diffusé auprès des collaborateurs des réseaux membres, avec un objectif clair : prendre la température après cette parenthèse inédite. Voici, de façon synthétique, ce qui en ressort :
- 58 % des répondants étaient en situation d’inactivité (chômage partiel, congé parental, arrêt maladie, etc.),
- 25,5 % travaillaient à distance,
- 16,5 % poursuivaient leur activité dans des conditions « normales ».
- 88 % se disent satisfaits ou très satisfaits de la gestion de la crise par leur entreprise.
Sur leur ressenti actuel, la tendance générale reste plutôt positive (note moyenne de 3,9/5), même si certains points de vigilance demeurent. Les préoccupations principales qui ressortent sont les suivantes :
- 49 % s’inquiètent pour leur santé ou celle de leurs proches.
- 36 % sont préoccupés par leur emploi ou l’avenir de leur entreprise.
Après la tempête, chacun avance à son rythme, avec ses doutes et ses forces. Le défi, aujourd’hui, consiste à transformer ces inquiétudes en énergie collective, pour bâtir une reprise solide et durable.

